Le harcèlement criminel est une infraction sérieuse prévue au Code criminel du Canada. Il peut prendre différentes formes et ne nécessite pas d’agression physique pour être reconnu par les tribunaux. Il suffit que la conduite répétée ou non d’un individu fasse craindre à une autre personne pour sa sécurité ou celle d’un proche.

Chez La Madeleine, Brosseau, avocates criminalistes, nous accompagnons toute personne accusée ou suspectée d’une telle infraction avec rigueur, discrétion et humanité. Que vous soyez en situation de plainte, d’arrestation ou sous enquête, il est essentiel de protéger vos droits dès les premiers contacts avec les autorités policières.

Qu’est-ce que le harcèlement criminel?

Selon l’article 264 du Code criminel, le harcèlement criminel consiste en une conduite répétée ou non qui fait craindre à une personne — de manière raisonnable — pour sa sécurité ou celle d’un de ses proches. Voici quelques exemples de comportements qui peuvent être considérés comme du harcèlement criminel :

  • Suivre une personne ou une de ses connaissances de manière répétée

  • Communiquer de façon répétée, même indirectement (appels, textos, courriels, messages sur les réseaux sociaux), avec cette personne ou une de ses connaissances

  • Cerner ou surveiller sa maison ou son lieu de travail

  • Se comporter de manière menaçante à l’égard de cette personne ou d’un membre de sa famille

Il ne suffit pas que la personne visée se sente simplement mal à l’aise : les gestes doivent démontrer une intention de troubler, de menacer ou d’intimider, ou être perçus comme tels.

Harcèlement dans un contexte relationnel ou conjugal

Une grande partie des dossiers de harcèlement criminel surviennent dans le cadre de relations interpersonnelles, qu’elles soient actuelles ou passées. Il peut s’agir de :

  • Conflits après une rupture

  • Communications insistantes pour renouer le contact

  • Plaintes croisées entre ex-conjoints

Les émotions peuvent être à vif, et des gestes faits par désespoir ou frustration peuvent être perçus comme du harcèlement, même s’ils n’étaient pas faits avec une intention malveillante.

C’est pourquoi il est essentiel d’être bien représenté si vous êtes accusé dans un tel contexte. Chaque cas comporte des nuances humaines et légales.

Contactez-nous afin de discuter de votre situation.

Infractions connexes : communications harcelantes

Le Code criminel prévoit également des infractions spécifiques lorsqu’il est question de communications répétées ou interdites. Cela inclut :

  • Appels téléphoniques harassants

  • Envois répétés de messages non sollicités

Le contrôle coercitif : quand une notion juridique traverse du droit civil au droit criminel

Le 18 juillet 2026 est entré en vigueur le projet de loi C-16 et il introduit une nouvelle infraction criminelle visant le contrôle coercitif dans les relations intimes, l’article 264.01 du Code criminel qui sera effective dans 2 ans.

Cette réforme survient dans un contexte où la notion de contrôle coercitif prend une place grandissante dans notre système judiciaire.

En effet, dans Ahluwalia c. Ahluwalia, 2026 CSC 16, la Cour suprême du Canada a reconnu, en matière civile, que la violence entre partenaires intimes ne se limite pas à des gestes isolés de violence physique. Elle peut également s'inscrire dans un ensemble de comportements coercitifs et contrôlants qui, pris dans leur contexte, peuvent porter atteinte à l'autonomie, à la dignité et à l'égalité d'une personne au sein d'une relation.

Le Parlement franchit maintenant une étape supplémentaire en faisant entrer cette notion dans le Code criminel et en créant une nouvelle infraction.

Comme avocate de la défense, cette évolution m'interpelle profondément.

Je ne remets aucunement en question la nécessité de protéger les personnes victimes de violence conjugale. Ces situations existent et commandent une réponse sérieuse de notre système de justice.

Ma préoccupation porte plutôt sur le choix de l'outil.

Le droit criminel est l'expression la plus puissante du pouvoir de l'État. Il entraîne des conséquences majeures pour la personne accusée : perte de liberté, stigmatisation sociale et conséquences importantes sur la famille et la vie professionnelle.

Traditionnellement, le droit criminel intervient pour sanctionner des gestes interdits clairement identifiés. Avec cette nouvelle infraction, nous assistons à un changement de paradigme : certains comportements qui, pris isolément, peuvent être parfaitement légaux, pourront maintenant contribuer à établir une infraction criminelle lorsqu'ils seront analysés dans leur ensemble. C’est donc dire que l’on entre dans l’appréciation de dynamiques relationnelles parfois complexes, nuancées et hautement subjectives. Ce projet de loi introduit même la notion de sécurité psychologique.

Cette évolution soulève des questions fondamentales.

À quel moment une dynamique relationnelle devient-elle criminelle? Comment distinguer une véritable situation de contrôle coercitif d'une relation conflictuelle, d'une séparation difficile ou d'une dynamique familiale complexe?

Je m'interroge également sur les conséquences pratiques de cette réforme. Dans un contexte de séparation ou de litige concernant les enfants, le système judiciaire devra demeurer particulièrement vigilant afin que cette nouvelle infraction ne devienne pas un outil stratégique utilisé pour obtenir un avantage dans un conflit familial.

Cela ne signifie évidemment pas que les allégations seront systématiquement fausses. Cela signifie simplement qu'une infraction reposant sur l'analyse d'un contexte relationnel exigera une évaluation de la preuve d'une rigueur exceptionnelle.

La présomption d'innocence et l'exigence d'une preuve hors de tout doute raisonnable demeurent des piliers fondamentaux de notre système de justice.

La question n'est pas de savoir si certaines situations de contrôle coercitif existent. La question est de savoir si chaque problème social doit nécessairement devenir un problème criminel. Et lorsqu’elle sera effective en 2028, les tribunaux auront la lourde responsabilité de définir les contours de cette nouvelle infraction, tout en préservant les principes fondamentaux qui protègent chaque citoyen contre une condamnation injustifiée.

Le débat ne fait que commencer !

Notre approche : vous défendre avec humanité et rigueur

Chez La Madeleine, Brosseau, nous comprenons que les accusations de harcèlement sont souvent émotionnellement chargées et complexes. Elles surviennent fréquemment dans des contextes relationnels tendus, et les répercussions peuvent être majeures.

Nous vous proposons :

  • Une analyse rigoureuse de votre dossier

  • Des conseils pratiques pour éviter d’aggraver votre situation

  • Des stratégies juridiques adaptées à votre réalité

  • Une défense professionnelle, sans jugement

N’attendez pas que la situation vous échappe. Évitez toute action qui pourrait empirer les choses ou être mal interprétée.

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Foire aux questions (FAQ)

Est-ce que plusieurs messages peuvent suffire à une accusation de harcèlement criminel?

Oui. Même si vous n’avez jamais rencontré la personne physiquement, des messages répétés, insistants ou non désirés peuvent suffire à justifier une accusation si la personne visée se sent menacée ou harcelée.

Est-ce que je peux être accusé si je croyais agir par amour ou pour me réconcilier?

Oui. L’intention subjective n’efface pas la perception raisonnable qu’a l’autre personne. Si vos gestes font craindre à la personne pour sa sécurité, même sans intention malveillante, cela peut mener à une accusation.

Que faire si je suis accusé à tort de harcèlement?

Ne tentez surtout pas de contacter la personne pour « vous expliquer ». Cela pourrait aggraver la situation. Communiquez immédiatement avec un avocat qui pourra analyser les faits et vous conseiller sur la marche à suivre.