Des conditions pouvant entrainer de lourdes conséquences
Outre les sanctions pénales possibles (amende, probation, incarcération), à la suite d’une condamnation, une accusation dans un contexte de violence conjugale peut entraîner des conséquences importantes et ce, même avant toute condamnation.
Des conditions de mise en liberté peuvent être imposées telles que :
Interdiction de contact ou de proximité avec le conjoint ou les enfants
Interdiction de retourner à la résidence familiale
Interdiction de posséder des armes à feu
Ces conditions, bien que temporaires, peuvent avoir un impact majeur sur la vie quotidienne, notamment en ce qui concerne les droits parentaux ou l’accès au logement.
Le non-respect de ces conditions – bris de conditions
Il est important de savoir que le non-respect de ces conditions peut entrainer de graves conséquences.
De nouvelles accusations
La détention du prévenu
Impact négatif dans le cadre des négociations entre votre avocat et le procureur de la couronne
Sachez qu’il est possible, dans certains cas, de présenter des demandes de modification des conditions, afin de rayer des conditions ou d’y ajouter certaines exceptions, par exemple.
Contactez-nous afin d’évaluer vos optionsLe 18 juillet 2026 est entré en vigueur le projet de loi C-16 et il introduit une nouvelle infraction criminelle visant le contrôle coercitif dans les relations intimes, l’article 264.01 du Code criminel qui sera effective dans 2 ans.
Cette réforme survient dans un contexte où la notion de contrôle coercitif prend une place grandissante dans notre système judiciaire.
En effet, dans Ahluwalia c. Ahluwalia, 2026 CSC 16, la Cour suprême du Canada a reconnu, en matière civile, que la violence entre partenaires intimes ne se limite pas à des gestes isolés de violence physique. Elle peut également s'inscrire dans un ensemble de comportements coercitifs et contrôlants qui, pris dans leur contexte, peuvent porter atteinte à l'autonomie, à la dignité et à l'égalité d'une personne au sein d'une relation.
Le Parlement franchit maintenant une étape supplémentaire en faisant entrer cette notion dans le Code criminel et en créant une nouvelle infraction.
Comme avocate de la défense, cette évolution m'interpelle profondément.
Je ne remets aucunement en question la nécessité de protéger les personnes victimes de violence conjugale. Ces situations existent et commandent une réponse sérieuse de notre système de justice.
Ma préoccupation porte plutôt sur le choix de l'outil.
Le droit criminel est l'expression la plus puissante du pouvoir de l'État. Il entraîne des conséquences majeures pour la personne accusée : perte de liberté, stigmatisation sociale et conséquences importantes sur la famille et la vie professionnelle.
Traditionnellement, le droit criminel intervient pour sanctionner des gestes interdits clairement identifiés. Avec cette nouvelle infraction, nous assistons à un changement de paradigme : certains comportements qui, pris isolément, peuvent être parfaitement légaux, pourront maintenant contribuer à établir une infraction criminelle lorsqu'ils seront analysés dans leur ensemble. C’est donc dire que l’on entre dans l’appréciation de dynamiques relationnelles parfois complexes, nuancées et hautement subjectives. Ce projet de loi introduit même la notion de sécurité psychologique.
Cette évolution soulève des questions fondamentales.
À quel moment une dynamique relationnelle devient-elle criminelle? Comment distinguer une véritable situation de contrôle coercitif d'une relation conflictuelle, d'une séparation difficile ou d'une dynamique familiale complexe?
Je m'interroge également sur les conséquences pratiques de cette réforme. Dans un contexte de séparation ou de litige concernant les enfants, le système judiciaire devra demeurer particulièrement vigilant afin que cette nouvelle infraction ne devienne pas un outil stratégique utilisé pour obtenir un avantage dans un conflit familial.
Cela ne signifie évidemment pas que les allégations seront systématiquement fausses. Cela signifie simplement qu'une infraction reposant sur l'analyse d'un contexte relationnel exigera une évaluation de la preuve d'une rigueur exceptionnelle.
La présomption d'innocence et l'exigence d'une preuve hors de tout doute raisonnable demeurent des piliers fondamentaux de notre système de justice.
La question n'est pas de savoir si certaines situations de contrôle coercitif existent. La question est de savoir si chaque problème social doit nécessairement devenir un problème criminel. Et lorsqu’elle sera effective en 2028, les tribunaux auront la lourde responsabilité de définir les contours de cette nouvelle infraction, tout en préservant les principes fondamentaux qui protègent chaque citoyen contre une condamnation injustifiée.
Le débat ne fait que commencer !